Mal payée ? Que faire ?

     Votre rémunération est inférieure au minimum mensuel garanti ?

     Il vous manque un diplôme ou des compétences ?

     Votre classification ne correspond pas à vos missions ?

     Votre chef ne se rend pas compte du travail que vous fournissez ?

     Vous êtes moins bien payée que vos collègues ?

     Votre entreprise n’est pas en mesure de vous faire évoluer ?

 

Vous vous reconnaissez dans l’une des situations ? Surtout que lors de votre embauche, soulagée d’avoir trouvé enfin un job, vous avez accepté trop vite un salaire vraiment très bas en pensant que le temps fera les choses…Sauf que de l’eau a coulé sous les ponts, et que votre salaire lui est resté de glace ! Frustrant non ?

 Que faire ? EllesLaw fait le point avec vous.

 

Quelques rappels 

 

Dans le secteur privé (amis fonctionnaires passez votre chemin, … mais votre tour viendra ), la rémunération est librement négociée entre l’employeur et le salarié. Seul encadrement : il est interdit de rémunérer un salarié en dessous du SMIC, sous peine de sanctions.

Dès l’instant où vous êtes payée au minimum légal (SMIC) ou conventionnel, il n’existe aucune obligation pour l’employeur d’augmenter régulièrement la rémunération de son salarié.

Attention : « A travail égal, salaire égal ». L’employeur doit assurer l’égalité de rémunération aux salariés effectuant un même travail de valeur égale, c’est-à-dire des salariés placés dans une situation identique. L’employeur qui serait dans l’impossibilité de justifier les différences de rémunération entre salariés par des éléments objectifs, pertinents et vérifiables, commet une discrimination (coming soon …).

Dans tous les cas n’hésitez pas à :

  • A l’échelle de l’entreprise: chercher dans la convention collective une grille d’avancement de salaire ou des minima salariaux.

 

 

 

La balle est peut-être dans votre camp…

 

Avez-vous pensé à :

 

 

  • Au Bilan de compétences si vous êtes perdue et si vous ne savez pas où vous en êtes, il vous permettra de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation.

 

Pour l’acquisition de nouvelles compétences en cours de contrat, avant de vous lancer assurez-vous que cet élément nouveau pèsera bien dans la balance lors de la revalorisation de votre statut. Évitez les mauvaises surprises …

 

Savoir négocier avec son boss !

Eh oui, ceci n’est pas qu’une question juridique …

 

Bien définir sa valeur ajoutée

  • Avoir conscience de ce que vous valez.
  • Dresser le bilan des missions effectuées en mettant en avant vos points forts.

 

L’attitude peut faire la différence

  • Etre toujours d’humeur d’égal.
  • Ne pas dire non à chaque nouvelle mission.
  • Soyez irréprochable.

 

Construire un dialogue constructif avec son boss

  • Profiter des moments clés (fin de mission, prise de poste, entretien annuel).
  • Aller droit au but en faisant preuve de clarté et d’intelligibilité.

 

Restez maître de ses émotions lors de l’entretien

  • Ne pas se mettre sur la défensive.
  • Faire preuve de diplomatie.

 

En cas de refus !

C’est là que ça se corse …

 

Faire le point sur vos perspectives

Ne pas rester bloquée sur un échec. Il est important de relativiser et de profiter de l’entretien avec l’employeur pour fixer tout de même des objectifs et des échéances clairs.

Si votre employeur vous dit toujours non, évitez le conflit et faîtes le point. Que pouvez-vous espérer à l’avenir dans votre entreprise ? Prenez le temps de construire un projet d’avenir solide (le fameux bilan de compétences par exemple), et demandez-vous si vous souhaitez quitter l’entreprise ?

Si vous décidez qu’il est temps de partir, le saut dans l’inconnu peut être effrayant, mais lancez-vous. Ayez confiance, c’est peut-être un mal pour un bien qui vous attend.

Si vous décidez de rester, vous avez décidé peut-être de faire primer la sécurité sur vos aspirations professionnelles, et il n’y a rien de mal à ça, surtout lorsqu’on a un prêt à la banque, des enfants à charge, etc.

Le tout est d’être en accord avec votre décision.

 

Et le juge dans tout ça ?

Sachez qu’un recours est toujours possible devant le Juge, mais risque de sonner le début de la fin… votre départ de l’entreprise en cristallisant les rancœurs de part et d’autres.

 

Que demander au Juge :

  • La responsabilité pénale de l’entreprise peut être engagée. Le non-respect du SMIC est puni d’une amende de 1500 euros (article L. 3231-2 du code du travail). Par ailleurs, le manquement de l’employeur à son obligation de paiement d’une rémunération au moins égale au SMIC cause nécessairement un préjudice au salarié, qui peut être réparé devant le Conseil des Prud’hommes par l’octroi de dommages et intérêts et un rappel de salaire.
  • Dans tous les cas, si vous réclamez le bénéfice d’une classification supérieure ou une égalité de traitement devant le Conseil des Prud’hommes, vous pouvez demander une régularisation de votre situation et un rappel de salaire sur les cinq dernières années seulement, prescription oblige.

 

La charge de la preuve pèsera sur vous.

Quels moyens de preuve :

  • Pour le non-respect du SMIC ou la discrimination salariale par exemple, vos fiches de paie,
  • Pour la mauvaise classification, les fiches de poste et la grille de classification,
  • Tenir un journal de bord retraçant l’étendue des missions réellement exercées,
  • Attestation de témoignages des collègues,
  • Consigner par écrit tous échanges avec vos supérieurs relatifs à votre situation.

 

N’hésitez pas à demander l’avis d’un avocat, avant de foncer tête baissée. Pour espérer gagner, il faut avant tout un dossier solide.

 

N’oubliez surtout pas que rien n’est figé ni le travail ni vous-même !

 

Eulalie LEPINAY

Élève-avocate